Jean-Charles Taugourdeau, 62 ans, prend la tête de la fédération des Républicains en Anjou. Et veut « redonner la parole aux adhérents ».

Portrait

« Je pensais que c’était possible... » Il est heureux, Jean-Charles Taugourdeau, d’avoir nettement remporté la présidence des Républicains en Anjou. En face de lui, il y avait, excusez du peu, Marc Laffineur, élu depuis dix ans, qui avait déboulonné en son temps Roselyne Bachelot. « J’avais dit que ce serait serré », déclarait hier l’ex-secrétaire départemental LR, la sénatrice Catherine Deroche, qui a décidé de passer la main.

C’est un libéral qui se retrouve à la tête des Républicains. Et aussi, un vrai fan de Nicolas Sarkozy, qui en parle désormais du bout des lèvres. « Sans état d’âme, j’ai promis que je serai d’une neutralité exemplaire durant les primaires, car cette campagne doit nous enrichir, pas nous affaiblir. »

Un père ex-député et sénateur

Député-maire de Beaufort-en-Vallée, Jean-Charles Taugourdeau a 62 ans. Il est marié, père de cinq enfants. A Dreux, en Indre-et-Loire où il est né, il est issu d’une fratrie de huit frères et soeurs, dont aucun - sauf lui - n’a fait de la politique. « Et pourtant Martial, mon père, était le médecin et maire de Tremblay-le-Vicomte ! Il présidera même le conseil départemental d’Indre-et-Loire de 1985 à 2001, et sera sénateur et député. »

Un parcours politique qui montre le chemin à Jean-Charles Taugourdeau. En 1980, il décide de venir s’installer à Beaufort-en-Vallée, où sa grand-mère s’occupe de l’entreprise horticole familiale. De 1981 à 2010, il la dirigera tout en étant élu maire de la commune en 1991, et député en 2002. Son discours ne variera plus : « Quand on a été chef d’entreprise, on est légitime pour défendre l’emploi en politique. »

La fin des poids lourds en politique ?

Spécialiste du buzz médiatique à l’Assemblée nationale, Jean-Charles Taugourdeau n’a pas vraiment d’ennemis en politique. « Il n’est pas compliqué dans sa tête, il ne manie pas la langue de bois, et il défend l’entreprise », relève Catherine Deroche. « C’est un chef d’entreprise dans l’âme, et son mandat est éclairé par son expérience. Il se bat pour créer de l’emploi », remarque le conseiller régional Paul Jeanneteau.

S’il fallait lui trouver un défaut ? Peut-être un manque de subtilité dans la parole politique, reproche que l’on faisait aussi à son poulain, Nicolas Sarkozy. « Il est brut de décoffrage, cash, et parfois ça agace », indique une élue de droite. « C’est vrai que cela peut être vu comme un manque de souplesse, un manque de diplomatie, mais il dit les choses telles qu’il les pense », préfère préciser Paul Jeanneteau.

A la tête de la fédération, où il vient de prendre ses fonctions, Jean-Charles Taugourdeau rêve de réformes. « Il faut réconcilier les gens avec la politique. Je veux redonner la parole aux adhérents. S’il ne se dégage un consensus pour le choix des investitures, par exemple pour les législatives de 2017, on fera voter les adhérents. » La fin de l’hégémonie des poids lourds de droite qui dictaient il y a encore peu de temps leurs choix de candidats ? Pas sûr... « Cette promesse, je l’ai déjà entendue. C’est facile à dire, moins facile à mettre en place, car le poids du national reste important », estime Catherine Deroche. Ce grand défenseur des PME va-t-il renverser la table ?

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